S'adapter au contexte

L'étape toulousaine de l'Agile Tour 2008 a attiré plus de 200 personnes. Un des points culminants de l'après-midi était la présentation par Claude Aubry et Philippe Krutchen de l'agilité en situation qui traitait del'adaptation des méthodes agiles à un contexte.

De nombreuses personnes ont assisté à cette présentation. Certaines connaissaient déjà bien les méthodes agiles, d'autres les découvraient. Quel impact a pu avoir une telle présentation ?

C'est en lisant la revue de cette présentation sur le carnet d'un informaticien que j'en redoute les effets négatifs :

J’ai été particulièrement satisfait de cette présentation. Premièrement parce qu’elle va à contre-courant de ce que j’ai souvent lu pour l’application des méthodes agiles, à savoir que la meilleure façon de mettre en place une méthode agile, c’est de commencer par appliquer toute la méthode, pour ensuite voir ce que l’on en retient. Aubry et Kruchten disent l’inverse. Et je dirai que c’est le bon sens même. Pour eux, il faut sélectionner les pratiques que l’on va mettre en place, en faisant une analyse de son contexte.

Je ne me fait pas de souci pour quelqu'un qui aura vu au moins une fois fonctionner un projet qui essaye d'appliquer l'ensemble des principes agiles. Mais cette idée de "les méthodes agiles passent partout puisqu'il suffit de s'adapter au contexte" me semble, sur le long terme, complètement dévastatrice.

Adapter ou utiliser tel quel, c'est un peu l'arlésienne des débats entre agilistes. Pour être honnête, prôner l'adaptation, je vois surtout ça comme le bon sens pour éviter d'effrayer le chaland et faire en sorte qu'une méthode telle que Scrum passe à peu près partout.

Quant à savoir si ceux qui adaptent avant d'utiliser pleinement ne loupent pas quelque chose, la question reste entière. Et c'est bien là le plus grand risque de l'adaptation au contexte : à force de compromis "faciles", en arriver à un truc qui n'a plus rien d'agile.
Alors adapter, oui, mais tant que cela reste réservé à des personnes qui savent ce qu'elles font et notamment des personnes qui adaptent quelque chose uniquement lorsqu'elle l'ont déjà utilisé tel quel dans un autre contexte.

Par ailleurs, je dirais que jouer le jeu de l'adaptation peut être le bon sens si, lorsqu'un problème de méthode survient (et il en survient forcément), l'attitude est "quelle adaptation abusive ai-je faite ? Il me faudrait la reconsidérer" plutôt que "quelle nouvelle adaptation me manque-t-il ?".
Et ne parlons même pas du "finalement, cette méthode agile, ça ne vaut rien" qui reste, au bout du compte, ce qui pend au nez des apprentis-adapteurs.